Toujours aussi élégante, mais bien plus à l'aise dans un pantalon noir et une petite blouse en coton, Atea avait pris la peine de se détacher les cheveux qui flottaient gaiement autour de son visage souriant.
Les quelques coups portés par le Dr Lorian sur la porte de la chambre n° 112 résonnèrent dans le couloir de l'aile réservée aux patients, elle venait rendre visite à Morgane, sa nouvelle patiente atitrée.
Cette fois pourtant, Atea ne prit pas le dossier qu'elle avait déjà relu de nombreuses fois et qu'elle connaissait à peu près par coeur... Non, elle agirait au feeling.
Par chance, Morgane était dans sa chambre, et elle y était seule, qui plus est, assise sur son lit, l'esprit ne parvenant pas à se détacher de la disparition étrange de son "outil de travail". Lorsqu'elle entendit frapper, elle sursauta, puis se sentit soulagée de ne plus avoir à être seule. Elle se leva et ouvrit la porte. Devant elle se tenait une jeune femme très belle, dont, même en se creusant soigneusement la cervelle, Morgane ne parvenait pas à se souvenir du prénom.
"C'est moi. Morgane Arnold" répondit-elle intriguée. Elle n'était pas mécontente qu'on lui ait enfin attribuer un médecin. Elle souhaitait par-dessus tout faire des progrès, et ce serait certainement plus aisé si elle était suivie.
"Vous désirez entrer?" demanda-t-elle en s'effaçant sur le côté.
Elle n'attendit pas la réponse et continua sur sa lancée :
"Morgane, j'aimerais d'abord te demander si tu ne préfères pas que l'on aille dans mon bureau pour que l'on ne soit pas dérangé... au cas où ta voisine rentrerait. J'aimerais bien te connaître un peu plus avant de commencer nos entretiens proprement dits, si tu veux bien."
Atea y mettait les formules de politesse nécessaires mais les deux femmes avaient-elles vraiment les choix de ce qu'elles feraient ou diraient?
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Morgane haussa les épaules. Pourquoi pas après tout, elle se sentait bien dans sa chambre mais c'était plutôt un espace privé, et elle préférait ne pas y mêler tout ce qui touchait à son "traitement".
"Bien sûr, Docteur. Ce sera en effet plus convenable. Y allons-nous dès à présent?"
"Si tu n'y vois pas d'inconvénient, ce serait bien... Tant qu'on est dans le bain!" fit la doctoresse étonnée de la politesse et de la lucidité de cette -décidément très charmante- jeune fille.
"N'hésite pas à me poser des questions, à prendre de quoi écrire ou un objet qui te rassure, si tu en ressens le besoin ou l'envie. C'est par ici, suivez le guide!" plaisanta-t-elle.
Comme le lui avait conseillé Juliette, Atea se rendit auprès de Morgane afin de savoir si elle avait une quelconque information à lui fournir concernant la disparition de la petite Sorcha.
Elle frappa à la porte de la chambre :
"Morgane, c'est le Dr Lorian. Je peux te voir un instant?"
Comme très souvent, Morgane se trouvait dans sa chambre. Et comme tout aussi souvent, un livre était ouvert sur ses genoux. Elle le posa avec soin sur sa table de chevet et alla ouvrir à Atea.
"Je ne sais pas par où commencer, Morgane!" entama-t-elle.
Puis, elle se souvint que Juliette avait demandé aux deux infirmiers de venir visiter la chambre de Sorcha. Elle se dit qu'il leur serait plus simple de le faire sans traîner et qu'ils y seraient plus à leur aise s'il n'y avait personne dans la pièce avec eux. Aussi, Atea rectifia :
"Si, en réalité, je crois qu'il serait plus aisé que nous allions dans mon bureau, si tu veux bien..."
La doctoresse lui fit sur le ton de la confidence : "J'aime bien avoir ma tranquilité pour discuter!"
Morgane était un peu gênée par l'état de la chambre, pourtant rangée, qu'elle jugeait cependant trop en désordre pour recevoir. Aussi accueuillit-elle la proposition d'Atea avec joie.
"C'est une bonne idée, docteur. Je vous suis jusqu'à votre bureau" dit-elle tout en faisant discrètement glisser quelques feuilles volantes encore blanches dans un tiroir.
Iolanthe avait un regard acéré comme celui d'un aigle et saisit la manoeuvre du médecin.
Elle attendit au détour du couloir que les deux femmes quittent la chambre avant de se tourner vers son collègue pour lui indiquer qu'ils pouvaient y aller.
Io comprit d'après le rangement impeccable d'un côté de la pièce qu'il devait s'agir de la partie de Morgane, elle s'attela donc à fouiller l'autre partie, indiquant du doigt à Gab la lingère qu'il ferait bien d'examiner. Elle choisit le lit et la table de chevet : rien! Ni sous le lit ni dans les tiroirs, tout était vide.